Le départ des outardes

On assiste un matin

Au départ des outardes

Triste mais résigné

Comme au chevet d’un vieux

Que l’on voit s’en aller

Sur le dernier chemin

Et qui pourtant s’attarde

Serein paisible heureux

*

Dans mon pays de glace

Aux étés rétrécis

Septembre est trop pressé

De devenir octobre

Vieilles charnières rouillées

Support de la carcasse

Des portes dont l’ennui

Lui font porter l’opprobre

*

Si juillet est léger

Ses amours sont frivoles

Rêveries passagères

Le temps des capucines

Euphories éphémères

Passions exacerbées

La joie prend son envol

Mais le bonheur piétine

*

Je laisse à mes « hiers »

L’instant des amourettes

J’ai vu trop de printemps

Se faner dans l’automne

S’effeuiller dans le vent

Au jardin des misères

De cœurs qui se désertent

Un matin monotone

***************

             II

On assiste un matin

Au départ des outardes

On se met à compter

« Je ne suis pas si vieux »

On fait un pied de nez

Aux affres du destin

On nargue la Camarde

On s’offre un dernier vœu

*

S’il faut aimer encore

Que je sois revêtu

D’un manteau de toundra

Couleur de conifère

Qu’une épinette soit

Mon étoile du Nord

Et l’amour plus têtu

Que les plus longs hivers

© Gilles St-Onge

Publié par

Le poète insoumis

Gilles St-Onge : Né à Montréal en 1964. Poète autodidacte. Il tient le blogue « Le poète insoumis » sur lequel il propose une poésie à la fois engagée, intimiste et critique.

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