Le suicide

Il tourne, il monte et il descend

Dans sa ronde perpétuelle

C’est un ténébreux carrousel

Qui boude les rires des enfants

La même musique répète

Cette morbide rengaine

Ce requiem qui vous aliène

Ce cantique qui veut votre tête

Son appel est votre mantra

Sa menace votre prière

Le tambour de toutes les guerres

Vous convoque au dernier combat

C’est un grand trou noir qui aspire

De votre univers les étoiles

La veuve noire tisse sa toile

Vous êtes l’objet de son désir

Vous ne voyez ni le beau temps

Ni à vrai dire le temps qu’il fait

Quand l’âme même se défait

L’espoir est une poussière au vent

Pourtant vous n’y êtes pour rien

On ne choisit pas ses pensées

Quand l’obsession vient nous hanter

Le suicide est un assassin

C’est une lutte de titans

Dans les abysses des entrailles

La vie et la mort vous assaillent

Il faut hisser le drapeau blanc

C’est l’heure de choisir son camp

Choisir à qui rendre les armes

De faire taire le vacarme

Choisir la tombe ou les vivants

Il faut bien plus que du courage

Pour faire le choix de rester

Il faut savoir s’abandonner

Aux mains de ceux dont c’est l’ouvrage

C’est une option contre nature

D’admettre que ça n’tourne pas rond

Dans un monde fait d’opinions

Où la faiblesse se censure

Il n’y a ni faible ni fort

Il n’y a pas de volonté

Il n’y a pas de lâcheté

Il n’y a que la vie ou la mort

Toute la force est dans l’abandon

L’obsession ne sait plus quoi faire

Elle ne trouve plus de partenaire

Pour la nourrir de mes démons

Moi j’ai choisi la beauté

Elle se pointe chaque jour un peu plus

Les jours de pluie sont moins ardus

Depuis que je les laisse aller

Gilles St-Onge

Pour aujourd’hui

Publié par

le poete insoumis

Gilles St-Onge : Né à Montréal en 1964. Poète autodidacte, prolétaire-syndicaliste, militant indépendantiste, diplômé en sciences humaines du collège Lionel-Groulx, il tient le blogue « Le poète insoumis » sur lequel il propose une poésie à la fois engagée, intimiste et critique.

2 réflexions au sujet de “Le suicide”

  1. Ce poème il me parle plus particulièrement j’ai cru reconnaître des endroits familiers qui pendant des années sont venus habités dans ma tête , il arrive un moment ou nous ne pouvons plus s’assoir entre deux chaises
    merci 😊

    Aimé par 1 personne

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