Blanche neige

Je regarde tomber la neige

La toute première de la saison

L’hiver a repris son manège

Les blancs flocons tombent en arpèges

Je rêvasse assis au salon

 

Soudainement comme un frisson

Malgré la chaleur de la pièce

Et le confort de la maison

Elle est bien faite cette construction

On est choyé à cette adresse

 

Rien à voir avec une caresse

Aucune belle aux alentours

Aucun sentiment d’allégresse

Ce n’est pas l’effet de l’ivresse

Ni la chanson d’un troubadour

 

Et tout à coup comme un tambour

Qui tonne au fond de ma poitrine

Voilà que j’ai le souffle court

Hélas ma tête est de retour

Cette belle soirée est en ruines

 

 

Je connais trop bien l’origine

C’est ma conscience qui soupèse

L’inconscience qui nous domine

Les puissances qui nous oppriment

Et qui créent ce profond malaise

 

Ma vie n’est qu’une parenthèse

Dans la triste réalité

D’un monde d’opulence obèse

Où les chanceux vivent à leur aise

En ignorant les affamés

 

 

D’aucuns diront « mais quel cliché

Dieu que ces mots ont de l’usure

Des vers d’une telle facilité

Qu’il cesse de nous embêter 

Jetez ce poème aux ordures »

 

La gloire sert si bien la censure

Quand elle réserve aux bien-pensants

Le monopole de la culture

Le pouvoir d’admettre ou d’exclure

Au gré des ventes du moment

 

C’est bien le malheur de ce temps

Le malheur est à l’avant-scène

Sous forme de divertissement

Il faut bien faire pleurer les gens

Il faut combler le temps d’antenne

 

Les poètes n’ont plus de mécènes

Les mots ne sont pas très vendeurs

Penser est une affaire ancienne

Les idées sont américaines

Scellées sous vide et sans saveur

 

J’en appelle aux derniers lecteurs

Propriétaires de stylos Bic

À toi derrière l’ordinateur

À ceux qui ont encore du cœur

À ceux qui se foutent du fric

 

Sortez les slogans atomiques

Les indignations subversives

Les soulèvements artistiques

Les révolutions utopiques

Les larmes de destruction massive

 

Sortez de vos contes de fées

Que les nains deviennent géants !

 

 

Publié par

le poete insoumis

Gilles St-Onge : Né à Montréal en 1964. Poète autodidacte, prolétaire-syndicaliste, militant indépendantiste, diplômé en sciences humaines du collège Lionel-Groulx, il tient le blogue « Le poète insoumis » sur lequel il propose une poésie à la fois engagée, intimiste et critique.

4 réflexions au sujet de “Blanche neige”

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