Ce pays qui m’habite

J’habite sur une terre hostile

Par ses saisons et par ses maîtres

Qui croient notre peuple docile

Amnésique de nos ancêtres

 

J’habite au seuil du précipice

D’où ma langue résiste à tomber

Accrochée aux racines du lys

Que les bateaux ont amené

 

J’habite au creux d’une morsure

Profonde à mon corps défendant

Hémorragique de culture

De ma nation qui perd son sang

 

J’habite une prison de verre

Avec des geôliers invisibles

Où les barreaux sont des chimères

Et la répression intangible

 

J’habite un confort Mac Donald

Dans son univers cartonné

De pourritures et de Donald

Canard et de seins animés

 

J’habite la pièce du fond

Dans la noirceur d’où naît parfois

Une graine de révolution

Une flèche dans un carquois

 

J’habite au cœur de ma patrie

Celle qui habite elle-même en moi

Soucieuse de sa propre survie

Embusquée pour la prochaine fois

 

J’habite un pays qui s’ignore

J’habite au nord de l’espérance

J’habite un peuple fier et fort

J’habite notre indépendance

 

Gilles St-Onge

Publié par

le poete insoumis

Gilles St-Onge : Né à Montréal en 1964. Poète autodidacte, prolétaire-syndicaliste, militant indépendantiste, diplômé en sciences humaines du collège Lionel-Groulx, il tient le blogue « Le poète insoumis » sur lequel il propose une poésie à la fois engagée, intimiste et critique.

Une réflexion sur “Ce pays qui m’habite”

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