Réveil

Un matin tiède sur Montréal

Tes mots résonnent dans ma poitrine

Lorsque s’éteint le Mont-Royal

Les néons meurent sur Sainte-Catherine

La nuit remballe ses étoiles

 

Le métro s’étire lentement

Avale ses premiers travailleurs

C’est l’heure où fane le ciment

La nuit efface ses couleurs

Quand le jour retire son voile

 

Et on s’affaire dans un café

Un serveur refait le décor

Pour faire croire aux habitués

Qu’au soir même le café s’endort

Et le ciel gris-bleu se dévoile

 

Le silence se perd dans les rues

Je n’entends presque plus tes mots

Un jour nouveau tombe des nues

Terne et pesant dans son caveau

La routine tisse sa toile

 

Les songes se sont évanouis

Les rêves d’orgueil se réveillent

La clameur étouffe les cris

Des âmes qui résistent au sommeil

La ville se lève de mauvais poil

 

Les mots que l’ont dit dans la nuit

Sont des papillons éphémères

Qui viennent se poser sur l’ennui

Le temps d’apaiser l’ordinaire

Au soleil ils lèvent les voiles

 

Le matin est un assassin

Publié par

le poete insoumis

Gilles St-Onge : Né à Montréal en 1964. Poète autodidacte, prolétaire-syndicaliste, militant indépendantiste, diplômé en sciences humaines du collège Lionel-Groulx, il tient le blogue « Le poète insoumis » sur lequel il propose une poésie à la fois engagée, intimiste et critique.

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