Les fleurs nouvelles

Si quelques fois la mort est belle

Comme un drap blanc sur les labours

Le soleil qui meurt dans le jour

Ou l’envolée de l’étincelle

.

Rien n’est plus laid que l’agonie

Que cette fleur coupée qui fane

Le marteau qui tombe et condamne

L’enfant à la peine de vie

.

Il en est ainsi de l’avril

Dans les grands jardins de béton

Quand s’éteint la morte saison

Le printemps même est sale en ville

.

Les grands espoirs se retiennent

D’être ce qu’ils devraient être

Sachant s’abstenir de promettre

La pâque suivant le carême

.

Sous l’herbe grise pourtant émergent

Ci et là des pousses de vie

Des marguerites ou des orties

Et tourne tourne le manège

***

On met son grand manteau d’hiver

Quand le froid vient nous mordre l’âme

Après avoir baissé les armes

On met tous son cœur en jachère

.

Et le temps nourrit de nos pleurs

Un terreau prêt à accueillir

Le regard qui nous fait frémir

D’un chardon ou bien d’une fleur

.

Chaque brindille est un mystère

Et l’écorché toujours frileux

Qui tangue entre craintes et vœux

Hésite à travailler la terre

.

Dis-moi Voltaire mon ami

Faut-il cultiver son jardin

Même au prix d’un futur chagrin

Tant de pépins gâchent les fruits

.

Les roses sont souvent si belles

Dans le parterre d’un nouveau jour

Est-ce folie est-ce bravoure

L’amour est une fleur cruelle

.

©Gilles St-Onge

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Le poète insoumis

Gilles St-Onge : Né à Montréal en 1964. Poète autodidacte. Il tient le blogue « Le poète insoumis » sur lequel il propose une poésie à la fois engagée, intimiste et critique.

Une réflexion sur “Les fleurs nouvelles”

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