Avant de partir

J’ai ouï les pleurs éternels

Le vent porteur des alibis

Entonner la chanson cruelle

Des hiboux de la longue nuit

*

Mes vieux os usés qui s’effritent

Au gré des mouvances du corps

Faible feu de bois qui crépite

Chaque jour de moins en moins fort

*

Et cet abdomen qui déborde

Par gourmandise ou par mégarde

Mes artères qui attendent l’ordre

De l’assaut sur mon myocarde

*

Ces airs lointains qui se rapprochent

Au prix des années qui s’étirent

L’écho des premiers coups de pioche

Sur la terre où j’irai gésir

***

Mais si je sens déjà le chêne

Celui dont on fait les cercueils

Je ne veux pas quitter la scène

Avant d’en avoir fait mon deuil

*

Il reste tant et tant à vivre

Et si peu de temps pour le faire

Tant de ces beautés qui m’enivrent

Et autant de choses à méfaire

*

Il me reste encore à croiser

Un regard à déjouer le sort

Sur l’avenue du verbe aimer

Un sourire à tromper la mort

*

© Gilles St-Onge

Publié par

Le poète insoumis

Gilles St-Onge : Né à Montréal en 1964. Poète autodidacte. Il tient le blogue « Le poète insoumis » sur lequel il propose une poésie à la fois engagée, intimiste et critique.

2 réflexions au sujet de “Avant de partir”

  1. WoW magnifique ton poème , profite bien des années car plus les jours nous filent entre les doigts aussi fort que nous voudrions les ralentir et je te le souhaite ce sourire et ces yeux avec lesquels tu voudrais conjuguer le verbe aimer

    Aimé par 1 personne

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